Handicap et ergonomie constructive

Le projet d’intervention qui structure notre pratique touche l’identification des leviers de transformation des situations de travail, pour elles-mêmes d’une part, et comme moyen d’agir sur le salarié, pour guider son projet de vie d’autre part (dont fait évidemment partie son travail).

En effet, derrière l’affirmation – le slogan, presque… – « Adapter le travail à l’homme ! », l’objectif de l’ergonomie est en fait bien plus fort et large que cela : centrée sur l’ambition d’un « développement des individus, des collectifs et des organisations » (Falzon, in « Ergonomie constructive », 2013), l’approche sous-tend de nombreuses considérations dont le double enjeu d’agir effectivement sur le travail, et sur les hommes eux-mêmes.

Il est donc nécessaire d’avoir à la fois :

  • une grille de lecture des situations de travail : pour comprendre les causalités multiples et complexes en jeu, passant par l’activité, conditionnées par des déterminants et entraînant des effets (cf. schéma dit « des 5 carrés » de Leplat) ;
  • des axes de transformation, tant du travail que du salarié.

L’ergonomie, qualifiée de « constructive » dans la suite de l’ouvrage de Falzon citée précédemment, insiste sur la notion de ressources (développées sur des temps longs, par les opérateurs, dans/par le travail) : les compétences, les instruments, les gestes professionnels, les collectifs, les Ressources PsychoSociales (i.e. « d’autres RPS »), les organisations capacitantes, etc. Cette approche prend donc le contre-pied des orientations tenues par de nombreux autres acteurs du handicap au travail, qui cherchent à identifier et agir sur les déficiences ou les conditions matérielles, sur les seules contraintes du travail en quelque sorte…